Mardi 19 mars 2024 au Château des Rochers de Nogent sur Oise, les 1HLP engagés dans la 6e édition du Prix Jeunesse de la Presse ont participé à la remise du Prix. Cinq journalistes étaient en compétition.
- Pauline Croquet : » Il faudrait toujours l’accord de l’enfant avant de poster » (Libération)
- Michèle Besson : » 4 enfants se racontent à quelques jours de Noël » (Ouest-France)
- Elsa Maudet : » À Dinan, un coup de pattes pour les Maths » (Envoyée spéciale 11)
- Aline Leclerc : » Cash express » (Le Monde)
- Laure Giuily, correspondance particulière à Rome (Italie) : » Violence faites aux femmes » Ça fait 20 ans que je n’ai pas vu autant d’Italiens dans la rue » (La Croix)
Entre janvier et mars 2024 les élèves de 1HLP ont participé au Prix presse jeunesse, un projet Education aux Médias et à l’Information dont l’objectif est de lire et d’évaluer 5 articles issus de la presse nationale et internationale. Le travail a été encadré par Mmes Pradel et Coutard sous le regard professionnel de la journaliste Pauline Riglet.
Pauline Riglet : Journaliste depuis plus de 15 ans, elle a déjà travaillé pour le Parisien et l’Humanité mais est plus orientée radio avec de nombreuses expériences à Radio-France, RMC, Europe1, BFM business ou encore dans une radio locale néo-calédonienne.
Aujourd’hui freelance spécialisée en médias d’entreprise, podcasts ou vidéos de communication.
« Restituer une parole, le monde tel qu’il est. »
La première séance a permis à Pauline de parler du métier de journaliste et aux élèves d’analyser leurs connaissances et leurs utilisations des médias.
Quelques questions que chacun s’est posé « quelle est la dernière actualité que vous ayez vue ou entendue ? », « Comment vous informez-vous ? », « Quels médias radios écoutez-vous ? », « Quelle presse écrite lisez-vous ? », « Quels réseaux sociaux utilisez-vous ? », « Vous servent-ils à suivre l’actualité ? ».
Les 5 articles avaient été distribués en amont et nous avons pu commencer à les analyser grâce à la grille proposée.
4 critères sont pris en compte :
- Choix du titre : Est-il percutant ? Retient-il l’attention du lecteur ? Donne-t-il envie de lire l’article ? Quelle émotion déclenche-t-il ?…
- Choix de la photo : illustre-t-elle bien l’article ? Y-ajoute-t-elle du sens ? Est-elle bien prise ?…
- Intérêt de l’article : intérêt du sujet, les lecteurs vont-ils être interpellés, inspirés, … ? Y-a-t-il un ou plusieurs points de vue développées ?
- Qualité de l’écriture : Est-il facile à lire ? Y-a-t-il une bonne accroche ? Les mots et tournures de phrases sont-ils compréhensibles ? L’information transmise est-elle claire ?
Ces lectures permettent de mieux comprendre les contraintes qui pèsent sur certains choix effectués par les journalistes, et la façon dont ils construisent l’information. Cela a fait prendre conscience aux élèves que derrière chaque article se trouve une personne qui a fourni un travail et que ce travail s’il doit être jugé doit l’être avec des arguments valables et précis.
Pauline : » cette grille est importante. Les critères font réfléchir les élèves, les poussent à débattre. À la fin seulement, s’il y avait des égalités, je leur disais : c’est le cœur qui tranche, vote pour celui que te plaît le plus « .
Une dizaine d’établissements de l’Oise (collèges et lycées) étaient donc représentés lors de cette cérémonie, chacun ayant voté pour l’article de son choix.

Deux articles ont nettement retenu l’attention de nos élèves, avec 11 voix, l’article » À Dinan, un coup de pattes pour les Maths » a remporté les suffrages de peu devant l’article de la lauréate finale Laure Giuily, correspondance particulière à Rome, pour son article sur les féminicides en Italie.
Les élèves ont été très sensibles à ces deux thématiques de société : l’inclusion des jeunes en situation d’handicap ou en difficultés dans le milieu scolaire et ce phénomène de société qui touche à la condition des femmes et plus largement à l’égalité fille-garçon. L’élément qui a le plus marqué nos élèves est la photo du visage de femme avec la marque de la main peinte dessus.
La cérémonie a rassemblé environ 300 élèves accompagnés de leurs professeurs. Un représentant élève de chaque établissement a eu l’honneur de monter sur scène pour interviewer la lauréate.
» C’est très important d’être lue, de savoir qui nous lit, à qui on s’adresse, de voir l’impact de ce qu’on écrit et je suis très contente que des jeunes aient lu mon article. «
» La transmission est importante et j’aimerai savoir ce qui a retenu votre attention. «
» Aujourd’hui, l’ampleur de ce mouvement a diminué, il y avait beaucouo moins de monde le 8 mars. Il n’y a pas de relais politique et pas de concrétisation. »
» Mon prochain article portera sur la fuite des cerveaux italiens car 25% des 25 ans partent car pas de perspectives professionnelles. »


Invité spécial de cette édition, Patrick Chauvel qui a couvert en 50 ans de carrière près de 40 conflits (Libye, Syrie, Vietnam, Ukraine…)a répondu aux interviews menées sur scène ou dans la salle par les élèves. Questions auxquelles il répondra sans langue de bois. Une rencontre très marquante pour tous les présents.
» Les reporters de guerre sont là pour montrer la réalité de la guerre dans le monde, les dangers qui menacent et servent à la mémoire collective. »
» C’est l’art de l’effacement, je suis là pour raconter l’histoire des autres. Souvent les personnes sur le terrain me demandent » Raconte mon histoire « . «
» J’ai aussi couvert des guerres oubliées comme au Surinam ou la Thaïlande. »
» Ce qui me marque le plus, ce sont les enfants victimes de la guerre. un jour, un enfant mourant de 8 ans a dit : » Je vais tout dire à Allah, vous les adultes m’avez tué. ».
» J’ai failli mourir, j’ai été blessé gravement mais je n’ai pas peur de mourir, les risques que je prends font partie du métier. »
» La seule victime de la guerre c’est la vérité. »
» Je suis inquiet pour mes enfants et la jeunesse, on ne va pas leur léguer un monde idéal. »

